Une dizaine d’établissements toulousains proposent aujourd’hui une formation en sécurité informatique. Des filières publiques aux mastères privés, le choix est large, et les formations ne se valent pas aux yeux des recruteurs. Comparer les programmes, les diplômes, la possibilité d’alternance et la spécialisation aide à décider lequel rejoindre. Voici plus de détails sur ces facteurs.
Les 4 critères qui départagent vraiment les cursus
Il faut les vérifier avant de s’inscrire auprès d’une école de cybersécurité à Toulouse, car ils distinguent les parcours sérieux de ceux qui soignent leur communication, mais manquent de contenu réel.
Le titre RNCP et son niveau
Le cursus délivre-t-il un titre enregistré au Répertoire national des certifications professionnelles (RNCP) ? C’est le cas de cet établissement sur https://www.ynov.com/campus/toulouse/formations/cybersecurite. Pour le vérifier, consultez le site de France Compétences, où figurent le numéro de la fiche, l’organisme certificateur et la date de fin de validité de l’enregistrement.
En ce qui concerne la distinction de niveau, voici un repère : un titre de niveau 6 équivaut à un Bac+3, et un niveau 7 à un Bac+5. C’est important pour ne pas suivre un parcours de 3 ans, alors que le poste visé est la conception ou l’encadrement.
Il faut se méfier des certifications maison, c’est-à-dire des diplômes portant le nom de l’organisme formateur, mais qui ne s’accompagnent pas de reconnaissance officielle. Même si l’école a de la notoriété auprès des recruteurs, sans reconnaissance d’État, il est difficile, voire impossible, de reprendre des études ou de partir ailleurs.
La part réelle de pratique
Les postes en rapport avec la cybersécurité s’apprennent avec de la manipulation technique et non avec uniquement des cours théoriques. C’est pourquoi il faut s’assurer que la pratique a de la place au sein d’une école. Concrètement, il faut vérifier :
- L’existence de labs accessibles où l’on peut installer des systèmes, puis les compromettre afin de savoir comment les sécuriser.
- La présence d’un SOC pédagogique où analyser de fausses alertes avec les logiciels adéquats.
- L’organisation interne ou inter-établissements de CTF, des concours où l’on doit pirater une cible pour trouver un code caché.
Qu’en est-il également du corps enseignant ? Si les intervenants sont encore en activité, par exemple en surveillance, en audit ou en gestion de crise, ils peuvent transmettre des cas actualisés, et pas seulement les attaques déjà passées.
Le rythme d’alternance et le réseau d’entreprises
Ce qui démarque Toulouse des autres villes, c’est qu’elle réunit un ensemble d’entreprises rare en cybersécurité. L’aéronautique et le spatial constituent des secteurs qui y recrutent massivement, tout comme les sociétés d’e-commerce et du numérique. Même les hôpitaux et les collectivités régionales embauchent, surtout depuis les menaces par rançongiciel.
L’entrée aux postes de sécurité informatique passe souvent par les écoles qui entretiennent des partenariats avec ces employeurs, grâce à l’alternance. C’est pourquoi il faut se renseigner sur le rythme proposé, c’est-à-dire la répartition du temps entre l’entreprise et l’établissement formateur, la proportion d’étudiants qui décrochent un contrat, l’accompagnement dans la recherche de la structure d’accueil et les chiffres qui prouvent cela.
La spécialisation de fin de cursus
Le pentest a pour but de trouver les failles avant les vrais attaquants, et implique donc le piratage d’un système. C’est un métier d’attaque, très technique, qui exige un apprentissage continu pour s’informer des nouveautés. La concurrence est rude pour y accéder.
Le SOC défensif, lui, surveille et réagit. Trier les alertes, évaluer la gravité d’un incident et bloquer l’intrusion constituent ses missions. Les juniors y sont acceptés.
Quant au GRC, il écrit les règles de sécurité, contrôle leur application, applique les normes et la loi. C’est un poste peu technique, mais requérant de la rédaction et des échanges avec les équipes. Les demandes pour ce profil sont multiples.
Ce sont trois fonctions bien distinctes, c’est pourquoi il convient de déterminer sa spécialité dès le début du cursus, pas en dernière année.
Où se former à la cybersécurité à Toulouse
Trois catégories d’établissements se concentrent dans le bassin toulousain :
- L’université et les IUT : on peut y apprendre l’informatique et les réseaux, avec une spécialisation sécurité. Le coût de la formation, du bac+3 au bac+5, est réduit. L’exigence élevée et l’évaluation rigoureuse font que l’entrée y est sélective. L’accompagnement personnalisé est limité, en raison d’effectifs nombreux.
- Les écoles d’ingénieurs : le diplôme délivré est reconnu. Le parcours est long et repose sur un socle scientifique étendu. La sélection s’opère dès l’admission, et la spécialité cybersécurité ne débute que durant les dernières années.
- Les écoles spécialisées privées : l’alternance y est souvent intégrée dès la troisième année. L’admission se fait hors Parcoursup pour certaines, avec présentation de dossier et entretien. Ynov Toulouse en est un exemple : elle propose un cursus cybersécurité du Bac+3 au Bac+5.
Pour identifier la voie à suivre, il convient de considérer son profil, ses finances et ses projets.
Vérifier par soi-même avant de s’engager
Le bon cursus n’est pas le plus prestigieux, mais celui dont le titre, la pratique et le réseau d’alternance correspondent au métier visé. Les critères se vérifient.
Les questions à poser en portes ouvertes
Lors de la visite d’un établissement, voici quelques renseignements à obtenir :
- Quel est le taux de placement à 6 mois ? Il ne faut pas se contenter d’un chiffre annoncé, la précision sur son origine est à demander, par exemple quelle année de sortie, combien d’anciens ont répondu, et sur quels emplois exactement.
- Qui sont les entreprises partenaires qui accueillent les alternants ? La réponse correspond à des noms, pas à des secteurs.
- Est-il possible de parler à un alumni ? Un refus de mise en contact est mauvais signe, tout comme un témoignage filtré.
Le coût réel et son financement
Le privé peut peser bien plus lourd que le public sur le papier. Cela dit, le tarif affiché n’est presque jamais celui à payer, car les frais de scolarité sont réglés par l’entreprise d’accueil, via son OPCO, en alternance. En plus, l’étudiant est rémunéré. Un cursus privé à plusieurs milliers d’euros peut alors revenir moins cher qu’une formation publique, loyer et années sans salaire pris en compte. Mais il faut que l’apprenant trouve un contrat, et les premières années avant le passage en alternance sont à sa charge. Ce sont les paramètres à analyser lors de l’arbitrage, pas les prix bruts.
